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Réflexions sur le bonheur

La quête ultime de chaque être humain est le bonheur. Les thérapies, les outils pour le trouver se multiplient.

Qu’est-ce qui fait que nous sommes heureux ? Quelles sont les clés de notre bonheur ?

Dans cet article je vous livre quelques réflexions sur ce que j’ai pu apprendre sur cette quête qui est aussi la mienne.

 

C’est quoi le bonheur ?

La question qui émerge toute de suite est : « c’est quoi le bonheur ? »

Peut-être est-ce plus facile d’observer ce que le bonheur n’est pas.

Si le bonheur c’était qu’il y ait toujours du soleil, un compte bancaire bien rempli, voire pas besoin de travailler pour gagner ma vie, je serais très malheureux aujourd’hui.

Si le bonheur se trouvait dans tout ce que je n’ai pas et que je voudrais avoir, ou dans ce qui je crois ferait mon bonheur et que je n’ai pas, je serais toujours malheureux.

 

L’avoir

Dans notre société de consommation nous avons appris à toujours vouloir avoir plus, à vouloir aller plus loin, plus vite. Dans l’occident notre dieu c’est le matériel et la performance.

Donc si je n’ai pas une grande maison, une belle voiture, le dernier iphone, les baskets à la mode, un poste valorisant, je suis malheureux.

 

Le corps

Nous pouvons vivre cette vie grâce à notre corps physique, notre véhicule d’incarnation. Et un corps peut tomber malade, peut être « imparfait », peut faire mal, peut mourir. Si je crois que la maladie ne devrait pas exister, qu’elle est mon ennemi, et que je tombe malade, je suis malheureux. Si je trouve que la mort ne devrait pas exister je vis dans la peur, dans l’angoisse.

Tant que le bonheur dépend de quelque chose d’extérieur à moi je suis balloté par les vagues de mes émotions.

Si mon bonheur dépend de l’autre, de son amour, de son regard sur moi, je répondrai toujours à l’attente que je crois que l’autre à de moi. Est-ce que je suis moi-même à ce moment là ? Est ce que je ne suis pas en train de me perdre dans l’autre, en train de perdre mon âme ? Je ne suis pas libre si je m’accroche aux histoires de mon ego qui joue des jeux de pouvoir dans sa quête de sa survie. Je serais toujours dans l’attente de la perfection de l’autre, de moi-même et je vais me contorsionner pour répondre à cette double illusion.

Nos pensées, , nos croyances, les histoires que nous nous racontons sur la réalité, créent des émotions polluantes dans notre présent, comme la peur, la colère ou encore la tristesse, qui font que nous ne nous sentons pas joyeux, nous ne sommes pas libres, nous ne sommes pas heureux.

 

Le bonheur commence en soi

Prendre soin de soi est une pratique incontournable dans la quête du bonheur. Se retrouver, retrouver notre intériorité, notre véritable nature, rentrer à la maison, trouver un lieu de silence à l’intérieur de soi. Se détacher des pensées créées continuellement par notre cerveau, constamment en train de juger, d’évaluer, de comparer, pour survivre, est une pratique nécessaire pour calmer les émotions qui nous polluent.

Commencer à observer et analyser tous ces stratagèmes inutiles est le premier pas vers une certaine sérénité qui est une des composantes essentielle du bonheur. Analyser ces histoires que nous nous racontons sur la réalité et se rendre compte que ce n’est pas la réalité, pas la vérité, est la première étape vers la paix intérieure.

Nous commençons à nous rendre compte que nous créons notre réalité avec nos pensées.

Apprendre à dire oui, oui à ce qui est, oui à ce que je suis, oui à ce qui se passe dans mon corps, à ce qui se passe dans ma vie.

Si je dis oui à ce qui se présente dans mon présent je me rends disponible dans un accueil inconditionnel de ce qui est là. Si je dis non, si je résiste, je me crispe à tous les niveaux de mon être, et ça fait plus mal encore !

Plus grand est mon oui, plus inconditionnel est mon accueil, plus vaste est l’espace dans lequel peut couler la vie telle qu’elle se présente et moins s’accroche la douleur.

 

Ce n’est pas facile

Il n’est pas dit que ce soit facile ! Et pourtant c’est le chemin, le chemin vers la joie de vivre. Et ce n’est pas dit non plus que j’y arrive tout le temps ! Je tends vers cet accueil inconditionnel de la réalité, cet accueil inconditionnel de moi-même et j’accueille aussi les moments où il n’est pas présent dans mon imparfaite et néanmoins merveilleuse humanité. Accueillir ne signifiant pas cautionner mes zones d’ombre. Être simplement consciente de leur présence et fermement décidée à ne pas les laisser diriger mes pensées et mes actes.

 

Et l’autre la dedans?

Souvent on me dit : « Mais c’est égoïste de se regarder le nombril comme ça ! »

C’est tout le contraire. Si je ne peux pas m’accueillir moi-même avec bienveillance comment puis-je accueillir l’autre avec bienveillance ?

En apprenant à m’accueillir avec un amour bienveillant, inconditionnel, émerge simultanément la capacité d’accueillir l’autre avec ce même amour. Si j’apprends à ne pas me juger je ne jugerai pas l’autre.

La vie est un grand espace d’apprentissage de l’Amour Bienveillant. Ouvrir mon cœur à moi-même m’apprend à ouvrir mon cœur aux autres sans jugement. En différenciant constat et jugement, je peux constater que quelque chose ne me convient pas sans considérer que ça devrait être différent ou que ça ne devrait pas être. Je peux tout simplement choisir, choisir sans juger.

 

Un jeu

 Si parfois ce n’est vraiment pas facile d’accueillir l’autre tel qu’il est, je vous propose un jeu. J’étais invitée à faire ce « jeu » dans un rêve fait il y a des années qui me faisait plutôt penser à une expérience d’Etat de Conscience Elargi, je ne l’ai jamais oublié.

Ce rêve me disait de sortir de ma maison et de voir l’âme de chaque personne que je rencontrais : La voisine, le sdf dans la rue, la caissière de chez Casino, les alcoolique dans le café……

Et je suis sortie de ma maison et j’ai regardé chaque personne avec des yeux qui voyaient leur âme, et mon cœur s’ouvrait de plus en plus. Je ne ressentais que de la compassion et de l’amour inconditionnel.

Il m’arrive encore de refaire cette expérience quand je sens mon être contracté par la peur. La peur de ne pas suffire, la peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas être aimée par l’autre. La peur de la souffrance de l’autre, de son état qui me renvoie à ma condition humaine, la maladie, la mort.

Ou encore regarder l’autre comme le petit garçon ou la petite fille qu’il ou elle a été ! Moi ça m’ouvre directement le cœur de voir ce petit enfant dans l’autre.

Quand je regarde avec les yeux de l’amour, avec les yeux du cœur, je vois l’autre dans notre humanité partagée et je n’ai plus peur. Je ne suis plus contractée par la peur et je deviens plus vaste, plus spacieuse pour pouvoir accueillir l’autre dans toute son humanité.

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Mais c’est quoi le bonheur ?

Ah oui c’est vrai je voulais essayer de répondre à cette question.

Si le bonheur n’est pas d’avoir plein de choses matérielles, si le bonheur ne réside pas dans quelques chose d’extérieur il me semble qu’il y a du bonheur dans le désir de partage. Vouloir être là pour l’autre, être en relation avec l’autre, donner toute mon attention à l’autre, partager des choses simples de la vie avec l’autre, sont une source de joie et donc de bonheur.

Tourner mon regard du cœur vers l’extérieur pour être simplement en relation avec la vie, la nature, en amitié avec d’autres êtres humains, est une condition importante qui mène à un certain bonheur.

Trouver l’extraordinaire dans l’ordinaire ! Gratitude pour mon corps qui me permet de vivre cette vie terrestre. On n’y pense pas souvent ! Ce n’est que quand il me fait défaut que je le lui reproche. Le remercier de bien vouloir être l’habitacle de ma conscience dans cette vie, renforce mon sentiment de gratitude.

Regarder la nature avec un regard neuf et voir tout ce qu’elle nous apporte de nourriture et de beauté, d’odeurs et de sensations, m’émerveille et me rend joyeux.

Dire merci pour le simple fait d’être vivante à cet instant me remplit d’une émotion bienfaisante, me remplit de gratitude !

Je me sens en connexion avec toute vie, je sens l’interconnexion de tout ce qui vie, la nature, les êtres vivants, l’univers.

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C’est un entrainement

Oui ! C’est un entrainement ! Nous nous sommes tous construits une carapace de protection en réponse aux agressions extérieures que nous avons vécues à partir de notre conception. Et il nous faut désapprendre certaines stratégies de survie encombrantes dans la relation à nous-mêmes, aux autres et à la vie en général.

La dictature de notre société de consommation ne nous aide pas à voir avec un cœur ouvert et clair.

Pourquoi les pratiques, philosophies et spiritualités d’autres cultures émergent-t-elles aujourd’hui dans notre monde occidental?

Dans mon dernier article je faisais part de ma rencontre avec des Paqos, des chamanes du Pérou, qui parcourent l’Europe pour répandre leur enseignement.

« Pourquoi ? » j’ai demandé. Pourquoi venez vous de si loin pour partager avec nous votre enseignement?

Leur réponse : « Dans la prophétie des Incas il est dit : « quand la neige fond sur les sommets des montagnes, les Paqos, les gardiens de la terre, doivent aller répandre notre enseignement dans le monde ». Dans votre culture le matériel est votre dieu. Et malheureusement les jeunes dans notre culture aujourd’hui sont attirés par cette « religion ». Nous venons vous dire que d’autres valeurs sont nécessaires pour sauver la terre et pour vivre heureux sur terre. »

Nous avons soif de ces enseignements ancestraux, de l’enseignement oriental plus axé sur l’intériorité, la simplicité de vivre et le service à l’autre. Enfin personnellement j’ai soif de tout cela !

C’est donc un entrainement, une discipline, une pratique. Me réveiller le matin en disant « Merci » d’abord pour ce que cette journée va m’apporter. Il n’y a pas une demande de soleil, c’est merci aussi s’il pleut !

C’est prendre la ferme décision de déjouer les jeux de mon égo inquiet, de lui envoyer un doux sourire et de respirer pour ouvrir mon cœur à moi-même, à l’autre et à la vie.

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C’est un choix

Oui c’est une pratique de vouloir aimer ! C’est un choix d’honorer cette pratique, c’est une décision! Et je considère que cet un acte, un choix de paix.

C’est une voie pour atteindre Ahimsa, l’espace de non-violence où seul le cœur parle. Ahimsa signifie littéralement « non-violence », et plus généralement respect de la vie. C’est aussi un concept de la philosophie indienne : la bienveillance. Le mot Ahimsa désigne proprement dit « l’action ou le fait de ne causer de nuisance à nulle vie. Ahimsa est une composante importante de l’hindouisme et du bouddhisme qui l’appliquent strictement.

C’est facile de dire « nous sommes amour ». Bien sur que c’est vrai. Mais faut il encore donner de la place dans notre corps/esprit pour laisser librement circuler cette amour que nous sommes. Et je crois que d’abord il faut le vouloir. Choisir la voie de la joie, donc du bonheur.

Oui c’est une discipline de se donner des espaces, comme la méditation, la contemplation, des espaces de silence pour que nous puissions trouver notre moi profond qui aspire à être heureux et ne pas partir tête baissée dans la course de la vie sociale.

Oui c’est un art à cultiver que de se mettre au service de la Vie telle qu’elle nous arrive, de voir la beauté dans les choses simples.

Oui notre capacité à ouvrir notre cœur est une fleur à arroser, pour accueillir pleinement ce qui est.

 

Le Mandala de L’Être

 Avec le Mandala de L’Être, Richard Moss nous donne un sacré outil, ou un outil sacré, qui nous permet de voir et d’explorer les tentatives de notre ego blessé à fuir le présent et à nous raconter des histoires, polluant ainsi notre présent d’émotions inutiles.

Il montre que nous nous racontons des histoires sur quatre endroits : le passé, le futur, moi et l’autre. L’autre pouvant être une autre personne mais aussi tout ce qui est autre que moi, et ce peut être mon travail, une situation, une maladie etc..

Nous créons notre réalité avec nos pensées. Et ce sont nos pensées qui donnent la couleur et le goût au présent. Si je me raconte que ma situation ne devrait pas être telle qu’elle se présente mon présent sera coloré de tristesse ou de colère. Si je me raconte que l’autre ou moi-même ne devrait pas être telle qu’il est ou telle que je suis, mon présent est rempli de colère, de sentiments dépressifs, d’insatisfaction. Si je me raconte que dans le passé « j’aurais dû » ou « si j’avais » mon présent ne peut être que regrets.

Ceci ne nous rend pas indifférents ou insensibles. Par exemple le sentiment de chagrin à la perte d’un être cher est naturel. Accueillir ce sentiment pleinement, les bras ouverts, est souhaitable. Se raconter « j’aurais du » ou « si j’avais », rajouterait des regrets et des sentiments d’impuissance et donc une souffrance inutile.

Le Bouddhisme fait de cette manière une différence entre la douleur et la souffrance. Oui ça fait mal de perdre quelqu’un qu’on aime mais ce qui nous fait souffrir ce sont nos histoires.

 

Le corps porte d’accès au présent

 La porte d’accès au présent est notre corps. Notre corps est toujours dans l’instant présent. Il ne peut pas être dans le passé ni dans le futur. Ce sont nos pensées qui s’échappent de notre centre pour aller gambader dans les quatre directions : passé, présent, moi ou autre. Et ce qui est le plus facilement repérable dans notre corps c’est notre souffle.

J’ai constaté pendant de nombreux séminaires et ateliers que lorsque nous nous recentrons dans notre corps et ensuite observons quels sont les sentiments présents il y a toujours les mêmes mots qui viennent : gratitude, compassion, sérénité, vide, amour, douceur, espace…….

 

La méditation

 La méditation est une des voies qui donnent accès à l’observation des soubresauts de notre ego, qui nous entraine à lui donner moins de place et qui nous permet de trouver l’endroit de silence à l’intérieur de nous.

Mais ça peut être aussi chanter, danser !!

Une des questions que pose certains chamanes quand on vient les voir pour une séance de guérison est : « Quand as tu arrêté de danser, arrêté de chanter ?? »

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Tendre vers

 Nous ne pouvons que tendre vers le bonheur. Trouver des chemins qui nous ouvrent le cœur au delà de nos peurs encore et encore.

Le bonheur n’est pas un but à atteindre mais un état à créer, encore et encore, à chaque instant, dans le mouvement entre notre pulsion de vie et notre pulsion de mort, entre nos mécanismes de défenses, nos croyances et cette instance qu’on peut appeler l’observateur ou conscience, celui qui voit et qui ne juge pas.

Je tombe, je me relève, je m’accroche à ce que j’ai appris et que je veux mettre en œuvre.

Je tombe, j’observe, j’apprends, je me relève et je continue dans la conviction que le bonheur réside dans l’accueil total de ce qui est, le cœur et toutes mes cellules ouvertes, dans la confiance que tout est à sa place tel que ça se présente.

 

Avec courage et persévérance je continue de cultiver mon jardin de bonheur. Avec cette chose qui me chauffe le cœur : nous sommes tous sur ce même chemin.

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